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Castelli Francescu Maria

Dernière mise à jour de cette page le 26/12/2012

Cantons concernés : Moïta Verde , Orezza Alisgani

Francescu Maria Castelli est né à Carcheto, en Castagniccia, en 1876. Il fut un bandit célèbre et particulièrement craint dans sa région.

C'est le 8 septembre 1906 qu'il commet son premier crime. Au couvent d'Alesani, alors qu'une partie de cartes se termine, Francescu Maria Castelli abat Jules Santini, son propre cousin, pour un petit différend. Dans un premier temps, il prend le maquis. Mais il se ravise, et décide de se rendre aux gendarmes, à Piedicroce, en janvier 1907. Il est condamné à cinq ans de prison et à cinq ans d'interdiction de séjour.

En juillet 1911, il est libéré pour bonne conduite. Il revient dans son village de Carcheto, bravant ainsi l'interdiction de séjour. Son intention est de se venger de Léon Chipponi. Francescu Maria Castelli lui reproche de l'avoir chargé au moment du procès. Non loin de Carpineto, dans une embuscade, Francescu Maria Castelli tente de l'abattre, mais Léon Chipponi parvient à échapper aux balles.

Aussitôt alertés, les gendarmes tentent de l'arrêter à nouveau. Mais cette fois, Francescu Maria refuse de se rendre. Le 10 août 1911, à Zalana, il tue deux gendarmes qui désirent l'arrêter. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui, mais Castelli ne s'arrête plus dans sa folie meurtrière. Quelques jours plus tard, le 19 août, il abat froidement Sébastien Arrighi, sous prétexte que ce dernier avait eu, 24 ans auparavant, une altercation avec sa famille. Castelli menace ensuite sa veuve, lui ordonnant de quitter le village.

La peur s'installe à Carcheto. Tous ceux qui ont témoigné contre Francescu Maria Castelli au procès se barricadent chez eux. Des homonymes, les frères François Xavier et Jean-François, n'osent plus sortir de chez eux. Francescu Maria Castelli fait le siège de leur demeure, espérant les faire mourir de faim, et interdit quiconque de s'approcher de leur maison.

Le 6 mai 1912, Maria Castelli, âgée seulement de 18 ans, tente de venir ravitailler son père. Elle est abattue d'une décharge dans le ventre. La population de Carcheto est tellement terrorisée, qu'elle n'ose pas porter secours à la jeune femme. Cette dernière agonise pendant deux jours sous les yeux du bandit, sans que personne n'ose intervenir, hormis Mathilda Castelli sa petite sœur âgée de 13 ans seulement. Les habitants du village n'osent plus sortir de leur maison.

Castelli va jusqu'à menacer les habitants du village, si d'aventure ils fabriquent un cercueil pour la malheureuse victime. Maria Castelli est donc ensevelie enroulée dans un simple drap, sans cercueil. 

La folie meurtrière ne s'arrête pas là. Le 26 août 1912, le bandit abat Antoine Raffali à Brustico, pour une simple parole déplaisante. Puis le 2 octobre 1917, c'est au tour de Paul-Félix Albertini, son ancien guide, d'être assassiné. Francescu Maria Castelli élimine tous ceux qui de près ou de loin se mettent en travers de son chemin, ou tentent de l'arrêter. En 1921, il tue un berger de Piobetta, Jean-André Lamberti. Les gendarmes de Valle-d'Alesani tentent de lui mettre la main dessus, sans succès. Le bandit est en cavale dans le maquis. Il est insaisissable. On le surnomme "la machine à tuer".

Francescu Maria Castelli va de villages en villages de Castagnaccia, semant l'effroi et la terreur. Les habitants n'ont d'autres choix que de laisser leurs portes ouvertes pour que le bandit s'y invite pour manger, et même pour dormir. Personne n'ose laisser porte close, par peur des représailles.

Pour vivre, le bandit s'invite, mais pas seulement. En tant que bandit de perception, il dépouille et vole ceux qui ont des biens. Il s'attaque aux gens aisés, aux curés, aux notables. Si les gens ont peur de lui, d'autres veulent en faire son ami, un protecteur, voire même un allié. C'est ainsi qu'on le sollicite, qu'on l'invite à de bonnes tables, qu'on lui donne de l'argent sans même qu'il ne demande quoi que ce soit. Les hommes politiques eux-mêmes tentent de se rapprocher de lui pour en faire un allié.

Francescu Maria Castelli est même candidat aux élections législatives de 1924. C'est l'erreur de trop pour ce dernier qu'il s'attire les foudres de gens influents. Son intrusion dans la vie politique n'est pas bien perçue, et on cherche dès lors à l'éliminer. Le 23 janvier 1929, non loin de Chiatra, il quitte une table, soule comme un cochon, et s'aventure sur un chemin. Là, il est abattu d'une balle dans le dos. On ignore le nom de son assassin. Le bandit est enseveli au bord du chemin où il a été assassiné. Il possédait dans sa poche une statuette de Saint Antoine.

Ce bandit fut sans doute l'un des plus impitoyables de tous les bandits corses.

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