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Un destin corse : Tome 1, Le maquis ardent

Dernière mise à jour de cette page le 02/01/2013

Par Alain Orsoni et Gabriel-Xavier Culioli.

Description de l'ouvrage

Aujourd'hui président respecté du club de football de l'AC Ajaccio, Alain Orsoni a un parcours unique : pendant plus de vingt ans, il a été l'un des acteurs majeurs du mouvement nationaliste corse. Un engagement qu'il a vécu avec passion, le plus souvent sous la cagoule du clandestin. Militant puis dirigeant du Front di Liberazione Naziunale di a Corsica, le FLNC, Alain Orsoni a organisé de multiples attentats sur l'île de Beauté et à Paris. Il a levé « l'impôt révolutionnaire » auprès de grands patrons et participé aux négociations secrètes avec l'Élysée sous Mitterrand. Il a connu la cavale, les tribunaux d'exception, la prison, la trahison aussi. Le courage et les convictions de cet insurgé lui ont permis de tout surmonter. Y compris le pire : l'assassinat de son frère Guy en juin 1983 par des voyous et des barbouzes au service d'officines secrètes, un événement dont le dénouement marque la fin du Maquis ardent, première partie de cet extraordinaire Destin corse. À travers la vie tumultueuse et passionnante d'Alain Orsoni, l'héroïne de cet ouvrage est aussi la Corse, cette magnifique terre perdue entre ciel et mer, si peu habitée que parfois elle paraît vierge mais dont le petit peuple a donné au monde tant de personnages hors du commun.

Extrait de la préface
Ma première rencontre avec Alain Orsoni fut provoquée par l'écriture dans le Journal de la Corse d'un article sévère dans lequel je m'étonnais du retour en Corse de cet homme qui s'était trouvé au coeur des drames sanglants du nationalisme corse. Il existe chez nous un proverbe qui dit : « l'acqua corri è u sangui stringhji » («l'eau coule et passe quand le sang fige et les fige»). Le sang versé arrête le temps et concentre l'énergie de la vie en haine. Le sang figé finit, comme le dit cet autre proverbe, par appeler le sang qui à son tour coule puis se glace. C'était donc, à mon avis, une bien curieuse idée qu'il avait eu d'oublier la persistance des haines et des rancoeurs propres à notre petite île, soudain crépusculaire quand il s'agit d'affronter a mala morti, la mort violente. Or, Alain Orsoni semblait incarner ce que le nationalisme corse avait de plus sombre. Après la parution de mon article, Alain Orsoni, devenu président du club de football ajaccien, l'AC Ajaccio, demanda à me rencontrer, ce que j'acceptai sans hésiter, tout en me promettant de ne supporter ni injure ni menace. J'étais moi-même travaillé par ces mille rumeurs qui couraient depuis une génération sur le compte d'un homme tour à tour présenté par la presse nationale comme le prophète caché d'un grand banditisme insulaire à la ramasse ou même, sans craindre le ridicule, comme un agent de la CIA. Le seul patronyme d'Alain Orsoni concentrait tous les fantasmes de journalistes gavés par des sources policières ou judiciaires ou tout simplement en mal d'un certain exotisme dans une société désenchantée.

Je me suis ainsi trouvé confronté à un personnage parfois sérieux, parfois ironique (mais jamais agressif) qui répondait à chacune de mes questions. Je n'ai évité aucun sujet, cherchant à comprendre sa mauvaise réputation, évoquant des faits précis. Ses réponses m'ont paru à la fois simples et de bon sens. J'ai fini par oublier la « légende noire » d'Alain Orsoni. Et le personnage m'a plu, avec son accent et ses mimiques à la Yves Montand, son humour distancié, bref son élégance. La vie quotidienne en Corse m'a appris le gouffre qui sépare les dires de la réalité. Dans cette île qui, parfois, semble se trouver au bout du monde, peu de personnes acceptent de reconnaître qu'ils ne connaissent pas les raisons des drames sanglants qui nous endeuillent. Dans notre isolement, l'ignorance est une source d'angoisse. Il vaut mieux affirmer qu'on est au courant des plus grands mystères et devenir ainsi le vecteur de la rumeur que de se taire avec humilité. La rumeur devient alors une sorte de média officiel qui intoxique tous ceux qui lui prêtent l'oreille : policiers, magistrats, journalistes, hommes de la rue. Les mensonges sont énoncés avec une telle sincérité qu'il est difficile de les repousser. D'autant que la rumeur a sa stratégie : elle s'appuie sur des lambeaux de réalité, tire des traits droits dans un monde où tout est complexité et chemin de traverse. D'une certaine manière, la rumeur, aussi effrayante soit-elle, l'est toujours moins que le constat d'un désordre absolu, celui d'une Corse où les petits orgueils comptent plus que la raison raisonnante, où le chaos prend des allures de géhenne. Car il est toujours préférable de croire à un ordre dans le mal plutôt qu'à un mal provoqué par un désordre naturel.

  • Broché:357 pages
  • Editeur :Jean-Claude Gawsewitch (20 octobre 2011)
  • Collection :COU DE GUEUL
  • Langue :Français
  • ISBN-10:2350133052
  • ISBN-13:978-2350133058
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