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Ajaccio 2, la Ville Impériale (1900 à nos jours)

Dernière mise à jour de cette page le 20/12/2012

Cantons concernés : Aiacciu

Au début du 19ème siècle, en 1801, le frère de Napoléon, Lucien Bonaparte, décide de fonder une « bibliothèque municipale ». Le bâtiment porte alors le nom de « Bibliothèque nationale du Liamone ». Soixante ans plus tard, les presque 15.000 ouvrages recensés sont transportés dans de nouveaux murs, aux abords du palais Fesch, dans la rue du même nom, devenu un musée. Cette bibliothèque n’a cessé de s’accroître, puisqu’elle compte aujourd’hui 40.000 ouvrages environ.

Face à un tel développement, de nouveaux projets d’urbanisme voient le jour dans le courant du 19ème siècle. Napoléon Bonaparte tout d’abord, propose un premier plan. Puis, l’administrateur général de la Corse, Miot, décide de faire détruire les vieux remparts. Ajaccio est libérée de ses entraves et peut enfin respirer. Des jardins botaniques voient le jour et les grandes voies sont tracées, notamment le cours Grandval qui conduit au Casone.

Avec Napoléon, l’un de ses fils, Ajaccio devient donc la ville « impériale » et par la même occasion, la capitale administrative de la Corse, au détriment de Bastia. Ajaccio rattrape ainsi son retard historique sur la « capitale du nord » et devient la ville la plus peuplée de l’île. Au 19ème siècle, Ajaccio va prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. En 1826, la préfecture est bâtie, sur le cours Napoléon, selon les plans d’Alfonse-Henri de Gisors, et selon le plan « d’extension et d’embellissement » désiré par Napoléon Bonaparte quelques années plus tôt. On construit aussi l’Hôtel de Ville, face à la jetée. Dès 1808, les autorités réfléchissent à la nécessité de donner à Ajaccio un Hôtel de Ville. Mais il faut attendrela Restauration, et 1822, pour qu’on décide de lancer les travaux de l’édifice. Les Ajacciens doivent faire preuve de patience. Les travaux commencent en 1826 et les services municipaux s’installent en ces murs le 28 juillet 1836, soit presque 30 ans après le lancement du projet. Avec Napoléon Bonaparte, Ajaccio devient ainsi le chef-lieu du département de la Corse, et bénéficie ainsi de crédits favorisant son expansion.

Parmi les nouveaux édifices importants, les Ajacciens apprécient la construction du théâtre Saint-Gabriel, en haut du cours Napoléon qui devient par la même occasion, la principale artère commerciale de la ville, avec un axe parallèle, la rue Fesch. Toujours dans les années 1830, l’architecte Padovani décide le prolongement du cours Grandval jusqu’en haut de la colline où se trouve la Casone, aujourd’hui appelée « la grotte ». Les Ajacciens racontent, qu’enfant, Napoléon Bonaparte fréquentait assidument ce quartier. Une place est aménagée en son honneur : la place du Casone (ou place d’Austerlitz). Quelques années plus tard, sont conçus deux quartiers résidentiels : le Roi Jérôme et le Quartier des Etrangers. Enfin, un autre architecte, Jérôme Maglioli, termine l’urbanisation moderne d’Ajaccio, en favorisant une extension de la ville vers l’est. Il conçoit notamment les quartiers de la gare, du palais de Justice, et trace les plans des premiers « grands » bâtiments de la ville. Dans le dernier quart du 19ème siècle, de grands magasins installent leurs enseignes dans la cité Impériale, donnant un cachet supplémentaire contrastant avec la vieille ville génoise.

A cette époque, et conscients que le développement d’une station d’hiver pourrait avoir des répercussions économiques importantes sur la ville, les élus ajacciens décident de faire d’Ajaccio une véritable station au cœur dela Méditerranée. Il faut dire qu’Ajaccio bénéficie d’un climat agréable, doux, et que son emplacement au cœur du golfe protège ses populations et ses habitations des vents violents que l’on peut trouver dans d’autres régions de Corse (Bonifacio, Balagne, Cap Corse). La création de cette station est une véritable réussite : les beaux quartiers sortent de terre. Les Anglais, jusque là fort présents surla Côte d’Azur, prennent alors en nombre la direction d’Ajaccio pour profiter du climat, mais aussi de ses quartiers luxueux.

Dans la réalisation de ces quartiers hauts de gamme, le comte Bacciochi et Napoléon III, jouent un rôle essentiel. La présence de nombreux Anglais – on dénombre alors plus d’un millier de touristes hivernaux - dans ce quartier résidentiel, n’est pas sans conséquence : une église anglicane est construite, sous l’impulsion de Miss Campbell, une aristocrate écossaise installée définitivement à Ajaccio. Sont alors construits les grands bâtiments du cours Grandval : le Grand Hôtel Continental, superbe édifice qui accueille aujourd’hui l’hémicycle de l’assemblée de Corse, et une grande partie des locaux administratifs de la Collectivité Territoriale de Corse. Sur le Grandval, sont également construits le Cyrnos Palace, l’Hôtel Germania. C’est également à cette époque qu’est fondé, juste en face de la préfecture sur le cours Napoléon, le « Grand Café Napoléon », le plus ancien d’Ajaccio.

Un autre bâtiment marque l’histoire et son époque dans la seconde moitié du 19ème siècle : le bagne pour enfants. Ce dernier, construit sur les hauteurs de Saint-Antoine, dans un endroit nommé Castellucciu, se trouve non loin du fameux château de la Punta. Le bagne pour enfants, le premier de France, porte alors le nom de « colonie horticole de Saint-Antoine ». L’établissement pénitentiaire accueille alors des centaines d’enfants venus des quatre coins de France. Les conditions sanitaires, la malaria, et le traitement particulièrement sévère réservé aux jeunes garçons provoquent la mort de plus de 160 d’entre eux, en une dizaine d’années. En 1866, après un incendie, le bagne est fermé.

Dans la première moitié du 20ème siècle, Ajaccio poursuit son développement. La ville s’étend notamment sur deux axes : le long de la route des Sanguinaires, à partir de la chapelle des Grecs, jusqu’au cimetière. Mais aussi le long de la rade, en direction de l’ancien fort d’Aspretto. L’urbanisation de la ville se poursuit notamment le long du chemin de fer, non loin de la place Abbatucci. On construit la jetée, tandis que les grands bâtiments se multiplient. Le casino municipal est bâti face à la mer, sur le boulevard Lantivy. Ajaccio est alors considérée comme l’une des plus belles cités d’Europe méditerranéenne. La place du Diamant est embellie et devient l’endroit où les jeunes Ajacciens s’adonnent à la pratique du football, nouveau sport, popularisé sur l’île par un pratiquant suisse. Le club – aujourd’hui centenaire - de l’A.C.A., est fondé en 1910, avec l’appuie de la municipalité de la ville. C’est à cette époque qu’Ajaccio gagne quelques mètres sur la mer, et que les Ajacciens célèbrent un jeune chanteur, Tino Rossi, dans les années 1930. Celui-ci, fils d’un tailleur de la rue Fesch, se produit notamment au casino municipal, sous un tonnerre d’applaudissement.

Pendant la guerre, les Corses s’illustrent particulièrement dans des actes de résistances tout à fait remarquables. Après les départements algériens,la Corsese libère en 1943. Le 9 septembre, les Ajacciens célèbrent la victoire aux abords de la préfecture de Corse. Charles de Gaulle vient, quelques jours plus tard, en personne, pour confirmer la libération de la ville. Le nazisme a commencé à reculer, à Ajaccio.

Après la seconde guerre mondiale, Ajaccio va connaître une nouvelle poussée de croissance. Spectaculaire cette fois. La démographie galope et l’urbanisation s’accélère en direction de nouveaux quartiers autour du stade de football Jean-Lluis, à la sortie de la ville, en direction des premiers villages périphériques (Mezzavia, Mezzana, Afa). Au début des années 1960, de nouveaux quartiers voient le jour : les Cannes et les Salines prennent une envergure considérable en quelques années seulement, propulsant Ajaccio au rang des villes françaises de moyenne importance.

Aujourd’hui, de la chapelle des Grecs au musée Fesch, en passant par la vieille citadelle, Ajaccio a su préserver son charme latin et son attractivité touristique. La tour de la Parata, sur la presqu’île des Sanguinaires, s’élève toujours fièrement, comme pour marquer de son empreinte l’entrée du golfe. La ville, qui a vu naître quelques hommes illustres, et non des moindres, demeure le chef-lieu de la région Corse et la cité la plus peuplée de l’île.

La cité Impériale n’a donc rien perdu de son charme. De nombreux bâtiments anciens, chargés d’histoire, sont toujours debout. D’autres ont été modifiés, détruits ou rénovés. Il ne reste plus que quelques photographies, pour nous rappeler les contours de cet Ajaccio d’antan. Des photographes et des éditeurs, comme Cardinalli, Tomasi, Tavera, Tourtois, Levie et Cie, Guittard, Aleo Miquel, Lapie, Ornano, ECPA, La Cigogne, Yvon, Greff, Martin Paoli, et bien d’autres encore, témoignent du charme de l’ancienne ville génoise, et de sa prestigieuse Histoire.

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