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Lanzalavi Dominique: « Me Vincent de Moro-Giafferi. Défendre l’homme, toujours ! »

Dernière mise à jour de cette page le 04/04/2016

La fascination qu’exerce sur les Corses le monde de la Justice, du Droit et le métier d’avocat ne date pas d’aujourd’hui. On pourrait citer les César Campinchi, Hyacinthe de Montera, Tito Bronzini de Caraffa ... En effet, les Corses ont largement occupé les bancs des facs de Droit de Marseille, Paris ou encore de Nice. Ces mêmes étudiants entendirent souvent et à leur grand dam « Fais du droit, tu seras le nouveau De Moro-Giafferi, sinon rien » ! Sinon rien, l’héritage de cet « aristocrate du verbe » se révèle lourd à porter pour tout jeune étudiant juriste, tant son parcours est exemplaire.

Un destin, au cœur de la grande histoire du XXème siècle que retrace Dominique Lanzalavi, dans son ouvrage « Me Vincent de Moro-Giafferi. Défendre l’homme, toujours ! », aux éditions Albiana. On y découvre ou redécouvre la destinée de celui dont « l’éloquence » et l’humour « cynique » furent pris en exemple par des générations d’avocats notamment Robert Badinter qui en signe la préface.

Homme passionné de Lettres, à une époque où les avocats faisaient avant tout leurs humanités, de Moro-Giafferi naquît à Paris, de parents originaires du village de Brando dans le Cap Corse. Milieu familial modeste (père employé des Chemins de Fer), boursier méritant, il prêtera serment d’avocat à vingt ans. Bonapartiste convaincu dans ses jeunes années, il devint par la suite radical-socialiste : il fut d’ailleurs élu député de la Corse sous la Troisième République en 1919, en rejoignant les rangs des Landrystes. Cet homme d’engagement participa à de nombreux combats de son siècle : réformé temporaire, il souscrit un engagement volontaire en 1914 et recevra des citations au combat ; avocat « des déshérités » (d’instinct il choisit de défendre les plus faibles) ; dreyfusard, anti nazi, militant contre la peine de mort, alla même jusqu’à défendre le militant communiste bulgare Georgi Mikhailov Dimitrov, l'un des auteurs prétendus de l'incendie du Reichstam de Berlin, dans la nuit du 27 au 28 février 1933. Il n’hésita pas, lors du procès de ce dernier, à s’attaquer au maréchal Hermann Goering qui tentera, d’ailleurs, de le faire arrêter par la Gestapo au début de la Seconde Guerre mondiale à cause de sa fameuse plaidoirie : « Si, pour les besoins de la politique, pour que les hommes soient étranglés en même temps que la liberté elle-même, si des innocents devaient balancer leurs corps au gibet, alors Goering, prends garde à toi ! Je veux te répéter à la face du monde ce que j'ai dit déjà : l'assassin, l'incendiaire, l'auteur du crime du Reichstag, Goering, c'est toi ! ».

Mais de Moro-Giafferi, c’est aussi l’avocat des premiers criminels surmédiatisés de l’entre-deux-guerres. C’est en effet à cette époque que nait l’attrait des Français pour ces grandes affaires que relayent, avec force d’anecdotes, la presse qui devient de masse. Les « Faîtes entrer l’accusé », la chaîne Justice ne sont que les héritières de ces premiers feuilletons judiciaires qui fascinent les foules. Dominique Lanzalavi, dans son ouvrage, nous décrit dans les moindres détails ces affaires éminemment célèbres. Avec de nombreuses photos, unes de presse, on se passionne à la lecture de ce livre très documenté, pour les procès du fameux Landru (« l’indéfendable Landru ») ou d’Eugène Weidmann (victime de son « éducation nazie »), ces deux séducteurs d’après-guerre qui tuèrent (Weidmann sept fois assassin) et escroquèrent des femmes esseulées ou, encore, pour le fameux procès des braqueurs de la bande à Bonnot et surtout celui d’un certain Dieudonné accusé, injustement, d’être leur complice et qui fut gracié, suite aux efforts de Vincent de Moro-Giafferi.

Ainsi, au cœur des grands procès de ce début de siècle, où la peine maximum est encore la peine de mort, on est fasciné par les plaidoiries historiques de cet avocat qui voulait « Défendre l’homme », «  la vérité et la justice ».

Cet ouvrage dense nous permet ainsi de découvrir l’histoire judiciaire d’un siècle qui changea le visage de la justice française. On comprend ici comment est né l’intérêt parfois « morbide » de la foule pour les procès, les affaires criminelles. Un intérêt confirmé plus que jamais dans des médias qui traduisent l’appétence de l’opinion publique  pour ces fictions et ces actualités, et qui font des gorges chaudes de la part « monstrueuse » de l’homme. En lisant ce livre, on apprend aussi de Moro-Giafferi une grande méfiance envers l’opinion publique. Ne résistons pas à évoquer une de ses plus fameuses tirades, lors de la défense de Dieudonné, de la bande à Bonnot. L'avocat général exige une condamnation à mort afin, dit-il, de calmer l'opinion publique indignée. "L'opinion publique? s'écria Moro-Giafferi. Chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche ! C'est elle qui, au pied du Golgotha, tendait les clous aux bourreaux, c'est elle qui applaudissait aux massacres de septembre et, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés ... »Une belle envolée qui a un écho certain, alors qu’un retraité est mort, il y a quelques jours, d’une crise cardiaque à Brest à cause d’accusations injustes de pédophilie, portées par une foule en colère.

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2 commentaire(s)

Vincent de Morro Giafferi

Maître Vincent de Morro giafferi a défendu avec succès en 1936 à Paris
notre grand oncle Jean Paul Stefani.
je suis à la recherche de documents sur ce procès.
Merci

Nicole, le 26/11/2014

Guerre de 14-18

Cet homme a été sauvé pendant la guerre 14-18 par mon grand-père qui l'a porté sur ses épaules pour le sauver du feu de l'ennemi alors qu'il était blessé. Mon grand-pere qui considerait qu'il n'avait fait que son devoir n'a pas répondu aux sollicitations de cet homme qui voulait le remercier apres guerre.

Pierre, le 08/08/2014