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Coty François

Dernière mise à jour de cette page le 10/07/2013

Cantons concernés : Aiacciu

Joseph-Marie François Spoturno dit François Coty fut un industriel et homme politique corse né à Ajaccio le 3 mai 1874 et mort à Louveciennes le 25 juillet 1934.

Il naît à Ajaccio en 1874, et devient orphelin très jeune. Il est donc élevé par sa grand-mère Anne-Marie Bellon. A 26 ans, alors qu'il réalise des études de médecine, il épouse Yvonne Alexandrine Le Baron et s'installe à Paris. Là, il adopte le nom de sa mère, Coti, en remplaçant le "i" par un "y", sans doute pour faciliter la prononciation, mais aussi pour rendre son patronyme plus acceptable socialement.

C'est à cette époque qu'il fréquente un certain Raymond Goéry, un pharmacien qui fut témoin à son mariage. Un jour, ce dernier l'invite dans son laboratoire et donne à l'Ajaccien la recette de l’eau de Cologne. Fasciné par cette expérience, François Coty décide d'apprendre la parfumerie. Il se rend alors à Grasse afin de se former aux techniques de la cosmétique auprès d’Antoine Chiris.

François Coty a l'idée d'associer les essences naturelles et les produits de synthèse que les progrès de la chimie organique permettent désormais de produire à bon marché. Il devient donc, sans le savoir, le père de la parfumerie moderne et industrielle. En 1904, il crée sa propre usine à Suresnes. Ce sera la première d'une longue série. Il remporte d'autre part de grands succès commerciaux avec La Rose Jacqueminot(1904), L'Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), et bien d'autres... Pour la première fois, des parfums sont vendus dans de grands magasins et deviennent des produits de luxe. Le succès est immédiat et phénoménal, de sorte qu'au bout de quatre mois, François-Coty gagne son premier million. Il deviendra même avec le temps un des hommes les plus riches au monde. En 1914, on trouve des succursales à Moscou, New York, Londres et Buenos-Aires.

Sa richesse fait de lui un homme célèbre. Le journaliste et écrivain Lucien Corpechot le décrit alors comme un « petit bonhomme, très soigné de sa personne, au visage rasé sans grande expression, avec l'œil intelligent de l'épicier de Montrouge (…) On est toujours tenté de le prendre pour son valet de chambre (…) toujours en représentation, guindé, s'observant (…) à peu près inculte, ne lit pas et ne sait rien des doctrines contemporaines mais il a un toupet de chien, parle beaucoup, étourdit ses visiteurs, ne les écoute guère et se sert de ses défauts pour masquer sa grande qualité qui est de bien connaître l'homme, ses ressorts secrets, ses appétits et ses faiblesses et de savoir s'en servir »).

François Coty dépense sa fortune sans compter, et achète des hôtels, de nombreuses oeuvres d'art (des meubles, des tableaux de maîtres), des châteaux, des domaines luxueux, des villas en Corse et dans le midi. Il s'investie également dans les médias en achetant le journal Le Figaro.

Dans les années 1920, François Coty se lance dans la politique. Il est résolument à droite. Anti-communiste à outrance, il voue un culte au fascisme italien. Lorsqu'il prend le contrôle du journal Le Figaro en janvier 1922, le journal adopte dès lors une ligne éditoriale résolument à droite qui lui fera perdre une grande partie de ses lecteurs. En 1925, François Coty va plus loin en soutenant financièrement le mouvement d'extrême droite Le Faisceau de Georges Valois, et son organe de presse Le Nouveau Siècle. L'Ajaccien se rapproche également des monarchistes. Il donne notamment 2 millions de francs au mouvement monarchiste Action française, et se rapproche de Jean d'Orléans, duc de Guise, prétendant au trône de France. Il publie même un ouvrage, Contre le communisme, publié aux éditions Grasset en 1928.

En 1923, François Coty est élu Sénateur de la Corse, mais son élection est invalidée par la Haute Assemblée. En 1931, il est élu maire d’Ajaccio et assume pleinement ses théories d'extrême-droite au sein de la municipalité ajaccienne. En 1933, il fonde son propre mouvement : la Solidarité française, qui participe aux émeutes du 6 février 1934.

Chose incroyable, François Coty commence alors à avoir des difficultés financières. Ses activités politiques, ses dons incessants à des partis politiques ou journaux d'opinions, sa vie sentimentale compliquée et surtout la crise de 1929, font qu'il se retrouve dans une situation inconfortable au début des années 30.

En juillet 1934, selon Le Figaro, il décède « d'une double congestion pulmonaire » ou d'un accident vasculaire cérébral. Il est inhumé en Corse. Il restera sans doute comme l'un des Corses les plus controversés et les plus énigmatiques de l'Histoire.

Voir aussi : Un billet Action François-Coty, Inc.

Voir l'ouvrage François Coty, un industriel corse sous la IIIe République.

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