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Article - À la découverte des Ateliers du Spectateur, de l’association Corsica Doc

Dernière mise à jour de cette page le 28/11/2012

Cantons concernés : Aiacciu

Ce weekend, comme un écho au Festival de Cannes a lieu l’événement Ciné « les ateliers du spectateur », menés par Corsica Doc au CSJC d’Ajaccio, animés par Marie-Pierre Duhamel Muller, critique, enseignante et programmatrice. Au programme « Parler sa (une) langue au (de) cinéma », avec projection et analyse d’extraits de films et de courts-métrages. La présidente de l’association, Annick Peigné-Giuly, nous en dit plus sur ces trois jours dédiés au Cinéma.

Quel est le but de ces « ateliers du spectateur » ?

Il s'agit, avant tout, de voir des films et des extraits de films ensemble, entre spectateurs plus ou moins avertis. "Spectateur" n'est pas un métier évidemment et il ne s'agit pas de l'apprendre... Il s'agit de comprendre de quoi est fait le plaisir ou l'agacement que provoquent les images en nous. Un flot d'images nous arrive aujourd'hui par des supports de plus en plus nombreux. Certains sont choisis, comme la salle de cinéma ou internet. D'autres, sont plus "subis" comme la télévision ou les multiples écrans présents dans les lieux publics. Il s'agit, dans ces ateliers, de devenir des spectateurs plus "avertis", des spectateurs "émancipés" comme le dit le philosophe Jacques Rancière. Et cela en fouillant dans l'histoire du cinéma (tout le cinéma, fiction ou documentaire). En remuant nos souvenirs et nos plaisirs de cinéma. Avec une même intervenante, Marie-Pierre Duhamel Muller (enseignante et programmatrice de cinéma), nous organisons ces ateliers chaque année autour d'un thème différent. L'an dernier par exemple, "Filmer la guerre", et cette année "Parler sa langue au cinéma".

Evoquez-nous plus spécifiquement, cet atelier qui a lieu du 1er au 3 juin sur « Parler  (sa) une langue au ciné » ?

La question de la langue, des dialogues est un biais pour éclairer différents pans de l'histoire du cinéma. La circulation des films dans des pays aux langues diverses, la place des langues minoritaires dans le cinéma, des accents régionaux ou des accents  "de classe"... Mine de rien, c'est un angle très politique pour revoir des films aussi connus que "La Marseillaise" de Jean Renoir, "La Captive aux yeux clairs" de Howard Hawks ou un documentaire récent de Malek Bensmaïl, "Aliénations".  Jusqu'à l'avènement du parlant, les films (muets) circulaient dans le monde entier sans problème. Le premier film parlant, "le chanteur de jazz", est un film américain et il sort à peu près en même temps que le premier film parlant français, en 1929, « Les trois Masques » d’André Hugon. Alors se pose le problème de la traduction. La solution est souvent dans des "cartons" qui résument les dialogues ou l'intrigue, et ensuite viendront les sous-titrages. Plus tard, le doublage. Mais on est loin d'une traduction fidèle des dialogues. Sans parler des langues tout bonnement gommées comme celle des Indiens qui parlent un américain parfait dans les westerns. Une autre manière de gommer une culture, un peuple... Tout cela évolue au gré de l'histoire du cinéma mais aussi de l'Histoire tout court. On peut remarquer par exemple, aujourd'hui, le développement d'un cinéma venu des pays "émergents", et qui met un point d'honneur à parler SA langue.

Quelle est l'importance de cette langue cinéma ?

Le cinéma laisse une trace vive des gestes, des langues, des chants des peuples. C'est un merveilleux instrument artistique, mais aussi ethnographique. Pour un cinéaste comme pour les personnes filmées, la langue est un outil important de l'expression. Expression poétique, politique ou culturelle. Avant l'invention des instruments d'enregistrement du son direct et synchrone avec l'image (dans les années 50), les cinéastes utilisaient déjà une bande-son comme outil d'expression (sons et musiques). Si le cinéma n'a pas toujours été "parlant", il a toujours été "sonore".

Le public est-il sensible à ce type d'ateliers ?

C'est étonnant de voir la diversité du public intéressé. L'an dernier, les stagiaires s'échelonnaient entre 17 et 87 ans ! Etudiants, lycéens, enseignants, professionnels du cinéma, retraités... Cinéphiles, curieux ou simples amateurs de cinéma... Une quinzaine de personnes attentives et très actives tout au long des trois jours intensifs que nous propose Marie-Pierre Duhamel Muller. En repartant de cet atelier, on se sent l'œil plus vif sur le cinéma, sur les images, mais aussi sur le monde.

Quels sont les prochains projets à venir de l'association?

Nous préparons activement la sixième édition de notre festival, qui aura lieu du 15 au 18 novembre prochain. Le thème: "Voir ailleurs". Tout un programme... d'une cinquantaine de films, avec une vingtaine de cinéastes invités et des rencontres entre professionnels du cinéma. Mais nous développons également nos activités en dehors du festival. Le cinéma documentaire a sa place tout au long de l'année dans diverses manifestations. Des projections à l'Espace Diamant, des soirées en partenariat avec l'association Amitié Corse-Maghreb, des projections régulières dans les villages du Taravu en partenariat avec l'association La Fresc, des interventions dans des lycées ou collèges... Nous sommes également partenaires des Ateliers Varan qui organiseront, pour la troisième année, un stage de réalisation documentaire en septembre et octobre prochain à Ajaccio.  

 

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