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Article - Le handball et la Corse : une grande histoire d'amour

Dernière mise à jour de cette page le 28/11/2012

Cantons concernés : Aiacciu , Bastia , Corti

Source : site officiel du Handball Club Ajaccio.

Un article d'excellente qualité, que m'on peut trouver sur le site officiel du HAC.

A Ajaccio d'abord...

Le handball est né en Corse en 1962. Tout au moins sous sa forme fédérale. Car auparavant, il était certes pratiqué, mais uniquement dans le cadre scolaire au sein duquel il ne fut connu, puis « vulgarisé », que grâce à un « prof de gym », comme l'on disait alors ; il s'agissait de Jean Grenier, arrivé du continent et muté au lycée Fesch. L'épouse de celui-ci, également professeur d'éducation physique, exerçait pour sa part à l'Ecole Normale de Filles, dans des locaux situés cours Grandval, près de la Grotte, aujourd'hui occupés par des services du Conseil Général de Corse-du-Sud. C'est en grande partie grâce à elle que le handball scolaire fut pratiqué à l'époque au niveau féminin, à Ajaccio. A Bastia, sensiblement dans le même temps, c'est encore par l'intermédiaire d'un « prof » d'EPS, M. Lalanne, que le handball se pratiqua dans le milieu scolaire, principalement dans la cours du lycée Marbeuf par laquelle passèrent tant de potaches. En 1962, un groupe d'anciens élèves, tant du lycée Fesch de Jean Grenier que du Cours Complémentaire (école de la rue Forcioli-Conti) de Louis Ambrogi, décidèrent de fonder un club. Tous avaient effectivement quitté la vie scolaire où ils n'avaient d'ailleurs pu pratiquer durant leurs deux, ou leur dernière année de « potache ». En effet, la catégorie juniors-seniors n'existait pas encore. Devant donc s'arrêter après avoir été juniors, ils avaient donc une opportunité de retrouver leur sport favori dans le « civil ». C'est donc à l'initiative de José Denobili que fut créé le tout premier club en Corse, c'est-à-dire le HAC (Handball Ajaccio Club). Mais si s'entraîner est bien, jouer est quand même bien mieux. Alors, faute de pouvoir le faire avec d'autres clubs dans l'Ile (ils étaient encore les seuls), les « blanc et noir » multiplièrent les confrontations avec des équipes occasionnelles telles que celles des professeurs d'EPS d'Ajaccio qui se regroupaient pour la circonstance face à leurs anciens élèves, ou bien encore des vacanciers du syndicat IG Métal de Dusseldorf, présents durant les beaux jours dans un camp des alentours de la tour de Capitello, sur la rive sud du golfe.

... Puis à Bastia...

Bastia ne devait pas être en reste. Et ce grâce à « Coco » Novelli qui créait la section Handball du R.C.B. (Rugby Club Bastiais) sous le maillot rayé « Jaune et Noir ». D'autres matches amicaux purent alors se jouer, tant au lycée Marbeuf à Bastia, que sur l'aire en terre battue du Stade Municipal, installation qui nous apparaît comme rudimentaire avec le recul du temps, mais qui en son temps était la seule structure à vocation sportive de la ville d'Ajaccio où évoluaient aussi bien les scolaires du lycée Fesch que les « civils ». Les basketteurs, par exemple.

... et ailleurs !

Le train semblait mis sur les bons rails lorsque se créèrent d'autres clubs : la section des « Rouge et Bleu » du GFCA, l'ASPTT d'Ajaccio au maillot rayé rouge et noir, avec les profs de gym du lycée Fesch que furent Jacques Tricaud, Dumè Luccioni, Georges Corazzini, Cerviotti. Club dans lequel furent formés des éléments tels que Loulou Peres. Et Jeff Colonna. Et puis un club à l'Ile-Rousse, sous l'égide de Valli qui avait pratiqué alors qu'il était jeune pensionnaire à l'Ecole Normale de Garçons à Ajaccio, boulevard Albert 1er, en compagnie de Raymond Montet et d'Ange Pantaloni, sous la direction de Jean Tarquiny. Valli sera par la suite doublement aidé par Patarozzi et le longiligne Vergnes, eux aussi ex normaliens.

La compétition

Les clubs étant là, on pouvait commencer à penser à se rencontrer au cours d'une compétition officielle. Mais pour cela, il fallait créer une structure départementale qui ne l'était pas moins. C'est ainsi que quelques personnes se réunirent à Corte, au bar de l'ami Ignace Baldacci, alors correspondant local du journal « Le Provençal ». Etaient là entre autre José Denobili, Georges Muraccioli, Paul Istria, Charly Salvia et Coco Novelli. C'est ainsi que fut créé le District Corse de Handball, qui eut à sa tête François Canesi, et qui dépendait de la Ligue de Provence dont le président était le docteur Prevost, chirurgien-dentiste à Marseille. Du premier championnat de Corse qui eut lieu durant la saison 1964-65, le HAC était le grand favori. Mais ce fut le RCB qui enleva ce premier titre, après une victoire mémorable acquise aux dépends du club-doyen dans la cours du lycée Marbeuf, sur le score incroyable de 30 à 6... Un match et un score figés à jamais dans la mémoire du club. Le HAC devait se rattraper en remportant en fin de saison, sur le terrain du stade municipal à Ajaccio, la finale de la coupe de Corse face à ce même RCB sur le score de 20 à 19, et ce après...deux prolongations ! Puis confirmer un mois plus tard, cette fois de nouveau dans la cours du lycée Marbeuf, en l'emportant aux dépends du RCB à l'issue du match comptant pour le Trophée des Champions, créé à l'époque pour opposer à chaque fin de saison le champion de Corse sortant au vainqueur de la Coupe de Corse. Cette manifestation fut abandonnée après sa deuxième édition, qui avait été également remportée par le HAC. En revanche, les championnats départementaux allaient se poursuivre avec régularité. Des personnalités marquantes pour notre handball allaient arriver en Corse, toujours par le biais de la filière enseignante, à l'image d'un Gaëtan Jeannin qui allait très vite modifier et améliorer tant les conceptions d'un handball Corse balbutiant par ses méthodes d'entraînement et de jeu totalement innovantes, que l'arbitrage insulaire. D'autres devaient suivre, tels Jean-Pierre Pannequin arrivé en droite ligne de la région parisienne et de son club, la VGA St-Maur, et qui marquera son passage au GFCA aussi bien en tant qu'entraîneur-joueur des seniors masculins que dans son rôle d'entraîneur des féminines. Puis Jean-Pierre Etchevery, arrivé dans l'Ile de Beauté en provenance de Sochaux dont il était entraîneur-joueur, et tout auréolé de sa réputation d'ex capitaine de l'équipe de France du président fédéral Nelson Paillou ; et de son entraîneur Jean-Pierre Lacoux. Son arrivée coïncidait d'ailleurs avec celle de M. Cournut, Directeur Départemental, puis régional après la bi-départementalisation, de la Jeunesse et des Sports. Celui-là même qui avait eu l'idée de fortement pousser le petit monde du handball insulaire à demander sa transformation de Comité en Ligue !

La sécession

En 1968, le Var et la Côte d'Azur respectivement présidés par MM Mourillon et Claude Rinck, décidaient de faire sécession. Se séparant de la Provence, ils créaient la ligue Côte d'Azur-Var-Corse. Notre département ayant joyeusement et résolument emboîté le pas. Notre District était par voie de conséquence érigé en Comité Corse de Handball, et présidé par M. François Canesi, auquel devait succéder M. Antoine Luccioni, de l'ASPTTA, pour quatre années. Lui-même sera remplacé à la fin de son mandat par José Denobili. A la suite de la bi-départementalisation, la Corse devint une Région. Dès lors, le Comité Corse fut érigé en 1976 en Ligue Corse. Au cours d'une assemblée générale constitutive qui avait eu lieu dans les salons de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Ajaccio-Sartène, quai L'Herminier, José Denobili en avait été élu le premier président. Devaient par la suite lui succéder Jean-Pierre Pannequin, puis José Denobili de nouveau, M. Gaston Ottavy, Directeur du Centre Hospitalier de la Miséricorde à Ajaccio, Jean-Pierre Pannequin pour son second mandat, Charles Tognarini en juin 1992 à l'assemblée générale de Porto-Vecchio, auquel succéda Sixte Guillot qui détient le record de longévité avec trois mandatures d'affilée. Aujourd'hui, et depuis l'assemblée générale de 2008, c'est Renaud Baldacci qui préside aux destinées de la Ligue Corse de Handball.

Différents clubs

En ce qui concerne les clubs, bien d'autres se sont formés par la suite. Certains traversant le firmament du hand insulaire de façon fugitive. Ce fut le cas par exemple du second club « nordiste », l'Olympique Bastiais (couleurs rouge et or) de Jean Aubreton, alors transfuge du RCB ; l'aventure ne dura qu'une seule saison, les matches contre cette formation se déroulaient sur l'ancienne Place d'Armes ; quelques tirs mal réglés en hauteur furent à la base de la perte de quelques ballons qui terminèrent leur course dans la mer Tyrrhénienne située juste en contrebas... Il y eut également l'AUC (Ajaccio Université Club), au maillot mauve et blanc de l'équipe scolaire du lycée Fesch, annexé par les profs qui, il est vrai, constituaient majoritairement un effectif complété par quelques élèves, après avoir quitté en bloc l'ASPTTA.
Et puis le HEC, Handball Etudiants Club, au maillot Rouge et Blanc, qu'entraîna Gaëtan Jeannin venu du GFCA ou il avait formé une sacrée équipe de cadets dont des « jeunots » tels que Loulou Peres, venu du club « Postier », et Jacques Lagrange pour ne citer qu'eux. C'est au HEC que se révélèrent des joueurs tels que Ralf Paone et Yvan Cecelja. Il y eut encore une équipe à Calvi qui ne dura qu'une saison, même pas terminée : le club n'était composé que de légionnaires, qui partaient souvent en manoeuvre ou en mission. Une unité d'élite, mais dont les préoccupations premières sont bien loin des exigences d'un calendrier sportif dominical. D'où quelques forfaits dans ces cas-là, qui faussaient complètement le championnat. Mais qui a oublié ces fameuses rencontres musclées (cependant jamais méchantes et sans aucun mauvais geste !), et leurs fameuses « troisièmes mi-temps » au mess qui duraient ... jusqu'au lendemain matin. Les visiteurs devaient alors quitter la caserne en rasant les murs des bâtiments, au petit matin, après un très court hébergement gratuit, en passant non loin de leurs adversaires de la veille impeccablement alignés en grande tenue sur la place principale du casernement, pour le lever des couleurs, et déjà complètement oublieux des débats de la veille. Tant du terrain que du comptoir...

Après un certain temps de mise en sommeil par conséquent forcée, Calvi devait recoller au hand un peu plus tard, sous la direction de M. Calamaro et de son épouse. La formation des seniors féminines en était d'ailleurs excellente, et comptait déjà dans ses rangs une jeune joueuse, du nom de... Béa Borghiero. Situation comparable, et strictement identique à l'époque dans sa conception, pour la toute première équipe de Bonifacio, presque uniquement composée de pompiers locaux, et qui devaient souvent partir sur des incendies qui ne faisaient aucune différence entre les jours ouvrables et les week-ends de repos pourtant bien naturels pour le commun des mortels... Club encore éphémère, à l'époque, à Ghisonaccia. Autre club de passage : l'ASCAM, à Ajaccio. Le club de la banque du Crédit Agricole, aux couleurs « Vert et Blanc », mis sur les rails et animé par son gardien de but Nicolaï. Couleurs identiques pour l'ASPTT de Sartène, Jean Sarrola et Alain Gourdol. Les rencontres se déroulant dans « la plus Corse des villes Corses » avaient lieu sur un terrain pour le moins rudimentaire, et qui se situait sensiblement à l'emplacement sur lequel devait être construit quelques années plus tard le gymnase actuel. Ce club de l'ASPTTS deviendra plus tard l'UJOS, sous les mêmes couleurs. Qui donnera au GFCA national un certain Michel Nicolaï. Sartène vit même se créer un second club, l'OS (Olympique Sartenais) qui vécut le temps d'une ou deux saisons.
A Ajaccio encore, il y eut le RCA. Club animé par Etienne Leandri, il avait été le fruit d'une scission au sein du HAC. Le RCA n'exista que le temps d'une ou deux saisons. Mais juste assez pourtant pour remporter, avec les Pierre et Jean Leandri, une finale de coupe de Corse en battant en finale l'USHA. Que les « racingmen » devaient rejoindre dès la saison suivante, avec armes et bagages.

Enfin n'oublions pas l'USHA (Union Sportive des Hospitaliers d'Ajaccio) au maillot blanc et bleu qui, dès sa création, afficha de très hautes ambitions. Pour les réaliser, le président Gaston Ottavy n'avait pas hésité à... saigner le GFCOA en enrôlant des éléments de valeur tels que Marco Santarelli et Dumè Paolini, et en y adjoignant des éléments venus du continent, comme Roland Orève et Daniel Dubois. Avec Max Riviere, les frères Pierre et Jean Leandri, les « Hospitaliers » avaient des arguments à faire valoir. Ce qu'ils firent d'ailleurs en parvenant jusqu'au niveau de la Nationale 3, celui qu'occupait avec bonheur le GFCA. Epoque bénie pour le handball Corse qui, durant une saison, compta trois clubs ajacciens dans le championnat de N3 : le GFCA, l'USHA et le HAC. Cela semblait proprement incroyable pour notre Ile ! Mais les choses devaient assez rapidement rentrer dans l'ordre de ce côté-là : le HAC fut relégué en fin de saison. Et l'USHA devait abandonner plus tard.

Cette époque fut également celle de la naissance du handball féminin. Avec l'éternelle lutte pour la suprématie régionale entre le HAC de José Denobili, qui s'imposait alors régulièrement en championnat, et le GFCA de Jean-Pierre Pannequin qui s'imposait avec une déconcertante régularité chaque année, en finale de la coupe de Corse, face à ce même HAC...
Bien plus tard, un certain nombre de « Demoiselles du HAC » mutèrent pour porter les couleurs Bleu et Blanc d'un club tout juste naissant et à vocation corporatiste, le COOS (Club Olympique des Organismes Sociaux). Il était présidé et animé par Antoine Leandri, lui aussi pour un temps futur membre de la Ligue Corse, et aidé sur le plan technique par son frère Etienne. Y évoluaient Chantal Lhomme, future Mme Etienne Leandri ; Michèle Lafrancesca, Anna Pirrolu ou bien encore Cathy Ortolano. Entre autres...

Dans le domaine du handball féminin, n'omettons pas le passage, même fugitif, de l'équipe de l'USHA dans le concert national. C'était tout de même une certaine reconnaissance, y compris avec le GFCA qui connut la même expérience, d'une évidente qualité de notre handball au féminin ! D'autres, comme Corte, la JSB, l'AS Porto-Vecchio, ont pérennisé leur participation à la vie handballistique de notre Région, et ont connu une autre carrière. D'abord dans le centre Corse, sous le nom de l'Inter de Corte. Son animateur était alors le regretté Raymond Montet. C'était le temps où un gamin suivait régulièrement de la touche les rencontres qui se disputaient sur le terrain militaire du camp Raffali. Son nom ? Jo Orsatelli. On sait quel essor il a par la suite donné à cette discipline dans la Cité Paoline ! Les anciens, eux, se souviennent encore des buts rayés jaune et bleu, et dont l'originalité résidait indéniablement dans ses deux « lucarnes »... arrondies ! Des légionnaires faisaient bien sûr partie de l'effectif, dont l'excellent capitaine François.
Enfin le BHB, qui a pris le relais du RCB après le retrait progressif de son principal animateur, pour ne pas dire le seul, Coco Novelli.

Epilogue

Aujourd'hui, notre discipline a bien évolué. Toutes les catégories y ont leur place depuis de nombreuses années. Certains de nos clubs ont connu, et continuent de connaître, le haut, et même le très haut niveau avec la présence du GFCOA en D1. Pour une ile comme la Corse, avec une population aussi réduite, avoir trois clubs présents au niveau national (GFCOA, HB Corte et JS Bonifacio), sans oublier deux équipes juniors (une masculine, une féminine) évoluant elles aussi au niveau supérieur, voilà qui est loin d'être banal ! Et qui a de quoi provoquer une légitime fierté! Tout ceci grâce aux efforts conjugués de personnes qui continuent d'être hautement dévouées à la cause de leur discipline. Mais ayons garde de n'oublier point ces pionniers qui, par leur action passée, firent en sorte de mettre sur les rails un train ne demandant qu'à rouler de plus en plus vite, au fur et à mesure de la modernisation, du perfectionnement de ses locomotives. Ces pionniers ont noms Jean Grenier, M. Lalanne, Jean Tarquiny, Louis Ambrogi au niveau scolaire ; et puis François Canesi, Paul Istria, Charly Salvia, Coco Novelli, Ignace Massiani, Laurent Sindali, Claude Andreani, Georges Muracciole, les fondateurs des premières heures ; Antoine Luccioni, Auguste Delpech, Gaëtan Jeannin, René Gigon, Jean-Pierre Pannequin, Jean-Pierre Etchevery, Henry Lechenault, pour ne citer que ceux-ci... Tant d'autres encore sont tellement méritants ! A leur intention, voire à leur mémoire pour certains d'entre eux hélas bien trop nombreux, pourrait être reprise la devise chère aux escrimeurs : « Honneur aux Armes, Gloire aux Maîtres » !
Elle leur irait comme un gant...

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1 commentaire(s)

hand grenier

bjr
une petite rectification, il ne sagit pas de jean grenier,
mais georges grenier ; effectivement prof d'eps et simone grenier son epouse prof d'eps aussi a l'ecole normale de fille.
signé : jean grenier, son fils

jean grenier, le 16/06/2015