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Vanina d'Ornano tuée par Sampiero Corso

Dernière mise à jour de cette page le 31/01/2013

Cantons concernés : Bastelica , Santa Maria Sichè

Giovannina d'Ornano, appelée Vanina (ou Vannina d'Ornano), est née en 1527, et est décédée en 1563, assassinée par son époux Sampiero Corso.

Vanina D'Ornano est née dans une famille de la noblesse, unique héritière de Francesco d’Ornano. Elle est aussi la fille de la comtesse Franceschetta, et par la même occasion, la petite-fille de Vincentello d’Istria. Sa famille est favorable à Gênes, qui exerce alors sur la Corse une hégémonie sur les côtes, et une tyrannie dans les campagnes. Vanina vient à peine de naître, que sa famille la promet déjà à Sampiero Corso, un homme de 29 ans son aîné, originaire de Bastelica, s'étant rendu célèbre sur les champs de bataille italien et français par ses actes de bravoure.

Elle épouse en 1545, à l'âge de 18 ans Sampiero Corso, revenu en Corse pour l'occasion, ainsi que pour ramener la dépouille de son frère, et pour s'occuper de ses affaires familiales. Par cette union, Sampiero anoblit son sang et sa descendance, tandis que la famille D'Ornano s'allie à un colonel puissant et connu dans toute l'Europe. Sampiero Corso est au service de Médicis, mais aussi de la France, notamment après le rappochement de Jean des Bandes Noires de la couronne de France, et de l'union, à Marseille, de Catherine de Médicis avec le dauphin de France. Sampiero voue également une haine profonde et tenace envers les Génois et leur République.

Lorsque, en 1563, Sampiero laisse son épouse à Marseille, afin d'honorer une mission d'Henri II auprès du dey d'Alger et de Soliman le Magnifique, Vanina a alors une procuration pour gérer tous les biens familiaux. La république de Gênes, rappelons-le, ennemie de Sampiero, veut profiter de l'absence de ce dernier. Elle infiltre au sein de la famille de Sampiero, un certain abbé Michel-Ange Ombrone, précepteur des enfants de Sampiero. Ce dernier persuade Vanina de venir à Gênes afin d'obtenir la resti­tution des biens des Ornano. En effet, ceux-ci avaient été confisqués par la République.

Vanina se laisse séduire par cette proposition. Les raisons de sa trahison sont obscures. Voulait-elle négocier auprès de Gênes la grâce de son mari, dont la tête était mise à prix ? Voulait-elle, tout simplement, négocier la restitution des biens familiaux confisqués ? Voulait-elle fuir son mari ? Ou bien, a-t-elle quitté Marseille par passion ? Son départ est organisé. Elle vend tout qu'elle ne peut pas emporter et s'embarque pour Gênes avec son fils cadet, Antoine, l'abbé Ombrone et quelques serviteurs.

Mais Sampiero est alerté de ce départ précipité. Il voit en ces agissements une trahison totale. Il révoque la procuration laissée Vanina afin de protéger ses bien, et ordonne qu'on se lance à sa poursuite. Dans la baie d'Antibes, le navire de Vanina est intercepté et cette dernière est faite prisonnière. Elle est enfermée dans le château d'Antibes, d'où elle rédige une lettre dans laquelle elle réclame un secours immédiat aux sénateurs génois. Cette lettre sera elle-aussi interceptée, et connue de Sampiero. La fureur de ce dernier n'en sera que plus grande.

A la demande de Sampiero, Vanina est ramenée à Marseille. Le Parlement d'Aix est dans l'embarras. La prolongation de la détention est arbitraire, mais d'un autre coté, rendre la liberté à Vanina pourrait mécontenter un colonel au service du roi de France. Un compromis est alors trouvé : Vanina est relâchée, ses biens lui sont rendus, mais cette dernière est placée sous surveillance, avec l'interdiction de quitter la ville.

Lorsque Sampiero, furieux, arrive à Aix, il demande au parlement qu'on lui rende son épouse. Le parlement accepte, à condition que cette dernière ne soit pas maltraitée. Sampiero doit s'incliner. Une fois retrouvés, les époux retournent à Marseille. Sampiero fait signer un testament à Vanina, dans lequel elle indique laisser tous ses biens à son mari. Une fois fait, Sampiero déclare à Vanina que sa traîtrise ne mérite qu'une seule chose : la mort ! Voulant échapper aux bourreaux, Vanina supplie alors son mari qu'il l'étrangle de ses mains. Peut-être espérait-elle que le Colonel manque de courage, et revienne sur sa décision.

Mais ce dernier s'exécute. Après avoir embrassé une dernière fois son épouse, et passer un linge autour de son cou, il l'étrangle et la tue. Après ce drame, Sampiero fait ensuite ensevelir sa femme et prend le deuil. Si le Parlement d'Aix est choqué, il reste néanmoins muet. Sampiero n'est pas inquiété. En revanche, la famille D'Ornano réclame vengeance. La famille offre deux mille ducats d'or pour sa tête. Gênes en offre quatre mille.

Ce drame aurait inspiré Shakespeare, et a fait l’objet d’un opéra d'Henri Tomasi, Sampiero Corso, en 1956.

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1 commentaire(s)

Sampiero corso

Toute l'histoire de ce personnage demontre qu'il n'etait qu'un fou sanguinaire.

De SUZZONI, le 17/01/2013