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Madonne de Scupiccia de Cervione

Dernière mise à jour de cette page le 10/11/2016

Cantons concernés : Campoloro-di-Moriani

La Madonne de Scupiccia de Cervione. (Source : site officiel de la municipalité de Cervione)

Ce sont peut-être les pirates barbaresques qui, au 16e siècle, ont capturé et coulé, à la marine des Prunete, un navire chargé d'une statue de la Vierge et de son autel à colonnes. On dit que cet autel et cette statue, sculptés à Florence, étaient destinés à la merveilleuse cathédrale de Cordoue, en Andalousie, l'ancienne Grande Mosquée consacrée à la Vierge en 1236 lorsque Ferdinand de Castille arracha la ville aux Musulmans. Philippe Grassi a écrit que des renseignements puisés à la bibliothèque de Gênes lui avaient appris que, sous le règne de Charles-Quint (1516-1558), trois villes d'Espagne avaient commandé trois autels en marbre en Italie avec, pour chacun d'eux, une statue (1). La statue, en marbre de Carrare, est très belle. La Vierge, mains jointes, a les yeux fixés vers le ciel. Son regard, son attitude, les deux anges qui la soutiennent, donnent à l'ensemble une légèreté aérienne (2). Négligeant les blocs trop lourds de l'autel et les colonnes - qui furent récupérés en juillet 1927 par un marbrier bastiais - les Campulurinchi se saisirent de la statue et décidèrent de lui consacrer un culte. Le clergé la baptisa Madonna Santissima del Soccorso; la population l'appela, et l'appelle encore, tout simplement, A Madonna di a Scupiccia, du lieudit où elle a été déposée. La légende raconte que les Cerviuninchi voulaient lui édifier une chapelle sur la bute du Fornellu qui domine le village, là où, plus tard, on construisit un oratoire à Saint Roch. La statue y fut déposée. Le lendemain, on la retrouva sur la crête de la Scupiccia, à 750 m d'altitude, à l'endroit où elle est actuellement et où, tous les ans, au 15 août, une neuvaine de prières attire les fidèles. Redescendue par deux fois au Fornellu, elle disparut nuitamment et on la retrouva sur la montagne. Sa volonté était manifeste: les Cerviuninchi la respectèrent. Cette statue, aujourd'hui classée par les Beaux-Arts, fut abritée dans une chapelle reconstruite au siècle suivant comme l'atteste l'inscription: MADONNA SANTISSIMA DEL SOCCORSO, il CAP. GIACOMO, 1649. La limite qui séparait les territoires de Cervioni et de Sant'Andria traversait la chapelle suivant son plus grand axe et cela semblerait expliquer la légende: les populations du sud de l'Utini n'ont pas permis aux Cerviuninchi de se réserver la fameuse trouvaille. Depuis, un remaniement du cadastre a englobé, par un ressaut, l'église et le terrain qui l'entoure dans la commune de Cervioni. Quoiqu'il en soit de la légende, il faut souligner que l'église de la Scupiccia, comme toutes celles de la montagne corse, est un jalon sur une ancienne voie de communication. Mieux, elle est située à un carrefour; c'est là que divergeaient les chemins qui menaient les Cerviuninchi vers l'Alisgiani, le Haut-Moriani, Orezza et Corti.
(1) Voir l'article "Cervione" signé P.G., in "Le Petit Marseillais" du 27 sept. 1924.
(2) "Cette statue est assez jolie, quoique un peu maniérée": M. de MONTHEROT, "Promenades en Corse", Paris-Lyon 1840.- "C'est une oeuvre d'art qui remonte à la bonne époque du commencement du XVIe siècle. Les deux petits anges sont admirables de grâce, de modelé et de naïveté": Léonard de SAINT-GERMAIN, "La Corse", Hachette 1869.- "La belle statue de marbre que l'on dirait sortie des mains de Michel-Ange, tant elle est de forme parfaite...": Michelis de RIENZI, "Croquis corses", lib. Charles, Paris 1903.- "Cette oeuvre charmante qui rappelle la grâce facile du chef-d'oeuvre du chevalier Bernin, Apollon et Daphnée... Une des beautés de la statuaire florentine": Dr Henry AURENCHE, "Sur les chemins de la Corse", Perrin éd., Paris 1926.- "On y devine la pureté de l'art florentin du XVIe siècle": Mgr Llosa, "La reine Immaculée de la Corse, 1954.

Extrait de la Monographie du Campuloru : Cervioni et le Campulori au fil des ans , d'Antoine-Dominique MONTI, rédigée en 1982 et relue en 1994, publiée en Décembre 2002 aux éditions Stamperia SAMMARCELLI.

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