Ne manquez pas...

Parcourez-ici les rubriques

VOUS ÊTES ICI : ACCUEIL HISTOIRE (PATRIMOINE) SITES HISTORIQUES COUVENT DE CACCIA DE CASTIFAO

Couvent de Caccia de Castifao

Article contribution

Dernière mise à jour de cette page le 21/04/2013

Cantons concernés : Castifau-Merusaglia

Le couvent San Francescu di Caccia est situé sur la route qui relie Castifao à Moltifao, au col (493 mètres) du même nom. Il a été élevé à partir de 1510, du moins en ce qui concerne sa première mouture. Au départ, c'était un bâtiment en bois, appelé alors luoco, dont les plans sont dus à Ghjuvacchinu, un franciscain originaire du village voisin de Sepula, abandonné depuis le XVIIIe siècle. En grande partie détruit par les troupes du général génois Doria en 1553, le couvent est restauré en 1569 par le frère Agustinu di a Pupulasca (Augustin de Popolasca), son « gardien », c'est-à-dire son supérieur. La toute première église est consacrée en juillet 1569. Elle abrite les reliques de deux saints très en vogue à l'époque, San Costanza et San Grato. Devant l'importance du culte, la construction d'une seconde église est rendue nécessaire en 1750.

C'est dans ce couvent, dont le supérieur, le RP.Apostolis est l'un de ses amis, que Pasquale Paoli assemblera, en avril 1755, peu de temps après son retour en Corse, la Cunsulta de Caccia, qui jette les bases de la Constitution de la future Corse indépendante. Après l'annexion française, le couvent sert de siège à l'une des quatre juntes installées par le nouveau pouvoir. Dans les locaux transformés pour les besoins de la chose, se trouve logés les militaires du Régiment Provincial Corse et le personnel judiciaire de la Junte. On applique même la question ordinaire dans les caves du couvent. En 1782 un pan de voûte s'effondre, causant de nombreuses victimes.

Lors de la Révolution Française, il est pillé et ruiné. Bon nombre de ses terrains sont vendus aux enchères ; son mobilier est dispersé dans les environs. Le village voisin de Moltifao conserve aujourd'hui encore l'imposant tableau de la Cène qui se trouvait dans le réfectoire du couvent. Dans l'église paroissiale Saint-Nicolas sont transférés de nombreux tableaux et statues, les grandes orgues et le maître-autel en marbre. L'orgue, construit vers 1820 par les Frères Crudeli, a été repris en 1842 par le balanin Anton Pietro Saladini. Il fut restauré une première fois par Maracci, puis par Loiseau.

Pendant le royaume anglo-corse (1794 - 1796) le couvent est à nouveau fréquenté par quelques frères qui remettent en état certaines parties du bâtiment. Mais à la chute du royaume, celui-ci est abandonné.

En 1824 la commune décide d'en faire le cimetière municipal, et ce malgré l'opposition du directeur des Domaines qui tente de s'y opposer par préfet interposé, mais en vain.

Le couvent était habité par des moines franciscains encore appelés zocculanti à cause des sandales qu'ils chaussaient pour aller quêter sur les routes de la région. Un contrat précis, passé devant notaire, indiquait clairement quels endroits leur étaient autorisés pour ces quêtes.

San Francescu a vécu des heures historiques. Une mission de réconciliation eut lieu en 1744, avec la venue de San Leonardo di Porto Maurizio. Mais d'autres grands moments jalonnèrent la vie de l'édifice comme la Consulta de 1743, celle de 1755, le séjour du visiteur apostolique, Mgr de Angelis, en 1763, ou bien encore les derniers combats des derniers résistants paolistes conduits par Cervoni et Pasqualini en 1774.

L'église Saint-François du couvent, celle de 1750, est protégée et classée MH par arrêté du 28 mai 1979. La facture d'orgue, œuvre de Crudeli frères (facteur d'orgues) exécutée vers 1820 et propriété de la commune, bénéficie de la protection Monument historique par arrêté du 22 mars 1991. Seule la partie instrumentale de l'orgue est classée MH. Il fut restauré par le célèbre facteur balanin Saladini, puis Maracci et enfin Loiseau.

En 1994 le fronton de l'église est restauré. L'édifice est en pleine réfection depuis plusieurs années (travail de l'Associu San Francescu di Caccia créée par Jean-Raphaël Cervoni.)

Contribution : Pierre Bona. Cliquez sur les images ci-dessous pour les agrandir.

Texte anti-spam :*

Entrez les deux mots ci-dessous, avec ou sans espace.
Les lettres ne sont pas sensibles à la casse.
Une difficulté pour lire ? Essayer un autre texte

Soyez le premier à commenter cet article ! COMMENTER